Dans le cas d'un accident technologique ou d'un acte terroriste à caractère nucléaire ou radiologique, les autorités sanitaires devraient faire face à une émission de matières radioactives ou à un niveau de radioactivité susceptibles de porter atteinte à la santé publique. Le Ministère chargé de la santé contribue activement à la préparation de la réponse des pouvoirs publics français au risque nucléaire et radiologique.
Plan
Les rayonnements ionisants
On parle de rayonnement (ou de rayon) lorsqu'un atome émet de l'énergie et/ou un faisceau de particules. Ce phénomène est appelé « radioactivité ».
Un rayonnement peut être visible ou invisible, de source naturelle ou artificielle.
Nous sommes exposés, dans notre quotidien à plusieurs types de rayonnements, dits non ionisants : radio, téléphonie mobile, micro-ondes, etc.
D'autres rayonnements sont dit ionisants :
- de source naturelle : Terre, cosmos, alimentation, etc.
- de source artificielle : radioactivité issue des radiographies médicales ou dentaires, rejets industriels autorisés, incidents/accidents de centrales nucléaires, retombées d'essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère.
L'exposition moyenne d'une personne en France est de 3,3 mSv/an (msv = millisievert).
L'organisme peut être exposé à des particules radioactives de deux façons :
• par exposition externe, ou irradiation : exposition à des rayonnements ionisants émis par une source radioactive située à l'extérieur du corps. Cette exposition cesse la source de radioactivité est éloignée de la personne ou si un écran (blindage par exemple) est interposé entre la personne et la source.
• par exposition interne, ou contamination : lorsque les éléments radioactifs pénètrent à l'intérieur du corps, par inhalation, ingestion, via une plaie ou par contact avec la peau. L'exposition se poursuit alors tant que la source est à l'intérieur ou au contact du corps.
Les effets de la radioactivité sur l'organisme humain dépendent du type de rayonnement et de la dose reçue.
Prise en charge des victimes
Les rayonnements ionisants provoqués par un accident nucléaire peuvent atteindre de 100 à plus de 10 000 mSv et entraîner un grand nombre de victimes.
La prise en charge initiale des victimes est organisée dans le cadre du dispositif ORSEC (ORSEC-NOVI) et de la circulaire n° 800/SGDN/PSE/PPS du 18 février 2011 relative à la doctrine nationale d'emploi des moyens de secours et de soins face à une action terroriste mettant en œuvre des matières radioactives.
Le SAMU est en charge de la prise en charge médicale urgente et de la régulation des victimes dans les établissements de santé en fonction de leurs lésions.
Dans la continuité de la prise en charge pré-hospitalière des victimes, le dispositif ORSAN (volet ORSAN-AMAVI : accueil massif de victimes et volet ORSAN-NRC) organise la mobilisation du système de santé pour assurer la prise en charge hospitalière des victimes.
Le Plan national de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur
A la suite de l'accident nucléaire de Fukushima, en septembre 2011, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a initié, sur demande du premier ministre, des travaux pour l'élaboration d'un Plan national de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur.
Le Ministère chargé de la santé a été étroitement associé à ces travaux sur la question de la mise en œuvre des actions de protection des populations en cas d'accident nucléaire ou radiologique majeur.
Il s'est notamment prononcé sur la prise de comprimés d'iode et sur l'organisation de la prise en charge sanitaire, à savoir :
- les soins aux blessés et les autres urgences médicales ;
- le contrôle et la mesure de la contamination radiologique externe et interne ;
- les mesures de décontamination ;
- la mise en œuvre éventuelle de mesures thérapeutiques ;
- le suivi épidémiologique ;
- le soutien psychologique aux blessés.
Le Plan national de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur comprend 2 parties :
• La première partie est consacrée à la description des 8 situations d'accident nucléaire ou radiologique envisagées et de la stratégie et des principes de réponse à ces différents types d'accidents ;
• La seconde partie présente un ensemble d'actions à mener pour chacune des situations. Ces actions renvoient à des « fiches mesures » qui expliquent les enjeux des mesures à prendre, leur gradation, le mode opératoire recommandé et le rôle des différents acteurs concernés.
Ce plan constitue, à l'instar du Plan national de prévention et de lutte "Pandémie grippale" 2011, un ensemble d'outils d'aide à la décision pour les gestionnaires de la crise.
Pour en savoir plus :
Questions / Réponses - Accident nucléaire et risques sanitaires
1. Quels sont les risques immédiats pour la santé des populations autour d'un site au moment des rejets ?
En dehors d'une irradiation aiguë (essentiellement pour les travailleurs intervenant sur le site), l'exposition aux radiations peut entraîner des risques de développement à long terme de cancers, en fonction de la dose reçue, et notamment celui de la thyroïde et la leucémie.
Cet effet a été mis en évidence par les études épidémiologiques menées sur des populations exposées aux rayonnements ionisants, en particulier celles des survivants des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki exposés à des fortes doses.
Le risque à plus long terme est celui d'une contamination chronique prolongée due à l'ingestion de produits contaminés par des radionucléides à vie longue, en particulier le césium 137 (période radioactive de 30 ans).
Suivant l'ampleur du rejet et l'étendue des retombées radioactives, il est nécessaire de prendre des mesures permettant de diminuer l'impact de l'événement sur l'environnement et la santé (restriction de consommation des produits alimentaires, pratiques agricoles…).
2. Quels sont les cancers pouvant être développés suite à l'exposition à des radiations ?
Deux éléments radioactifs (l'iode 131 et le césium 137) peuvent conduire à des cancers différents bien particuliers :
- L'iode 131 est le radionucléide prédominant dans le panache. Il peut se fixer sur la thyroïde qui a besoin d‘iode pour la fonction thyroïdienne. Lorsque la thyroïde fixe l'iode radioactif, il y a un risque de développer des cancers de la thyroïde.
- Le césium 137 est l'autre élément radioactif nocif aussi présent dans le panache. Il peut accroître le risque de développer des leucémies, des cancers digestifs et des cancers pulmonaires.
Les impacts sanitaires seront différents selon les individus ; c'est-à-dire selon leur sensibilité aux rayonnements ionisants. Les enfants et les femmes enceintes sont les plus sensibles.
3. Comment peut-on mesurer son exposition à la radioactivité ?
Pour mesurer les doses reçues, il faut faire des mesures anthroporadiométriques et des mesures dans les urines. L'anthroporadiométrie permet de détecter la présence de radionucléides émetteurs gamma.
4. Y a-t-il une dose en-dessous de laquelle il n'existe aucun effet sanitaire ?
Les études épidémiologiques n'ont pas pu démontrer qu'il existe un risque accru de développer des cancers en cas d'exposition à des doses inférieures à 100 mSv.
Toutefois, l'absence totale de risque ne peut être complètement exclue, dans la mesure où le risque zéro n'existe pas. C'est pourquoi il est important de maintenir le niveau d'exposition aux radiations à un niveau aussi bas que possible.
5. Quelles sont les mesures de protection nécessaires en cas d'accident nucléaire ?
Vous trouverez des informations sur le site http://ift.tt/1jan9bf.
En cas d'accident nucléaire, il existe différentes actions de protection :
• La mise à l'abri/le confinement : c'est la première des mesures à prendre en cas d'alerte. Il s'agit de s'enfermer dans un bâtiment en dur : fermer les portes et les fenêtres, arrêter les ventilations. Cette protection peut réduire d'un facteur 10 le risque de cancer. • Rester à l'écoute : se tenir informé par tous les moyens disponibles : radio, tv, internet… • L'évacuation : elle est décidée en fonction de l'ampleur des rejets. Il s'agit d'éloigner les populations vivant à proximité du site dans la mesure où la radioactivité décroît avec la distance. • L'ingestion d'iode : les comprimés d'iode ne protègent que de l'iode radioactif. • L'ingestion d'iode doit être impérativement combinée à la mise à l'abri/confinement et effectuée dans les conditions préconisées de délai. • Et, le cas échéant, des interdictions de consommer certains produits alimentaires produits sur site.
6. Comment agit le comprimé d'iode ?
Qu'est-ce que l'iode ?
L'iode est un oligo-élément naturel, indispensable au fonctionnement de la thyroïde. On le trouve dans l'eau et les aliments que nous consommons (poissons, viandes, fruits, lait…).
Qu'est-ce que la thyroïde ?
C'est une petite glande (environ 5 cm chez l'adulte) située sur le devant du cou. La thyroïde fabrique des hormones qui jouent un rôle essentiel chez l'homme : croissance, développement intellectuel… Elle a un rôle particulièrement important chez l'enfant, et ce, dès la vie intra-utérine.
Comment un comprimé d'iode protège la thyroïde de l'iode radioactif ?
En cas d'accident nucléaire, de l'iode provenant d'une réaction physique qui a lieu à l'intérieur du réacteur peut être rejeté dans l'environnement. Il s'agit d'iode radioactif.
Respiré ou avalé, l'iode radioactif se fixe sur la glande thyroïde et peut ainsi augmenter le risque de cancer de cet organe, surtout chez les enfants. Prendre un comprimé d'iode stable avant les rejets d'iode radioactif protège efficacement la thyroïde en empêchant l'iode radioactif de s'y concentrer. La thyroïde est alors préservée.
Quand doit-on prendre un comprimé d'iode ?
Le comprimé d'iode doit être pris uniquement et immédiatement à la demande des autorités locales (en France, le préfet). Son efficacité est maximale s'il est ingéré 1 heure avant le rejet d'iode radioactif.
L'administration d'iode stable est efficace uniquement si elle intervient dans l'heure qui précède l'exposition et au plus tard 24 heures après l'exposition.
7. Si un tel événement devait se produire en France, comment serions-nous protégés ?
Vous trouverez des informations sur la page dédiée du site risques.gouv.fr.
La France s'est dotée d'un dispositif de prévention pour faire face à toute hypothèse de rejets d'iode pouvant concerner la population française.
Des comprimés d'iodes ont été distribués à la population dans un périmètre de 10 km autour des sites nucléaires français dans le cadre des plans de protection et d'intervention arrêtés par les préfets. Une campagne de distribution a été menée fin 2009 dans ces zones où les particuliers pouvaient retirer leur comprimé dans les pharmacies d'officine sur présentation d'un bon fourni par les autorités.
D'autre part, l'Etat a constitué des stocks de comprimés d'iode pour être en mesure de protéger la population vivant en dehors des périmètres définis autour des installations nucléaires. A cet effet, l'Etat dispose de 130 millions de comprimés permettant de couvrir l'ensemble de la population française en fonction des différentes posologies.
L'EPRUS a prépositionné ces comprimés sur ses plateformes de stockage au sein des zones de défense et de sécurité afin de les mettre à disposition des préfets qui ont organisé des plans de distribution à la population. En effet, si le préfet considère que la situation nécessite la prise de comprimé d'iode stable, il organisera le déploiement de ces stocks vers des points de distribution qui vous seront alors communiqués, notamment par radio. Ces plans d'action prévoient également de soustraire les populations aux conséquences des rejets radioactifs via des mesures de mise à l'abri/confinement ou d'évacuation.
8. Puis-je retirer des comprimés d'iode dans ma pharmacie ?
En dehors d'une exposition à des rejets d'iode radioactif, l'ingestion d'iode est inutile voire déconseillée. Au regard de la situation actuelle et en dehors d'une recommandation explicite des autorités sanitaires, il n'y a donc pas lieu d'acheter ou d'ingérer de l'iode.
Source
Direction générale de la santé
Département des urgences sanitaires
14, avenue Duquesne
75007 Paris
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