Tuesday, 22 December 2015

Questions les plus fréquentes sur le Zika

El Rhazi Jihan de Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes - www.sante.gouv.fr.

Questions/réponses – 20/12/1015

Qu'appelle-t-on le Zika ?

Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Le virus Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune. La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Quelle est le contexte international de l'épidémie actuelle ?

Le virus Zika a été isolé pour la première fois en Ouganda en 1947. La première épidémie documentée est survenue sur l'Ile de Yap (Micronésie) en 2007, la seconde en Polynésie française d' octobre 2013 à avril 2014. Le virus a ensuite circulé en Nouvelle Calédonie et dans d'autres îles du Pacifique.

L'épidémie actuelle a débuté au Brésil, avec la confirmation des premiers cas en mai 2015. Dix pays sont actuellement touchés par une circulation autochtone active du virus Zika sur le continent américain : Brésil, Colombie, Suriname, Salvador, Guatemala, Mexique, Panama, Paraguay, Venezuela et Honduras. Elle touche aujourd'hui la Caraïbe.

Par ailleurs, depuis octobre 2015, les Samoa dans le Pacifique et le Cap-Vert en Afrique rapportent aussi, pour la première fois, une circulation autochtone active du virus Zika.

Quelle est la situation dans les territoires Français d'Amérique ?

Deux premiers cas autochtones de personnes contaminées par le virus du Zika ont été identifiés en Guyane et en Martinique. Ces deux cas ont été confirmés par des techniques de PCR (détection du génome viral) mises en œuvre à l'Institut de Pasteur de Cayenne pour le premier, et au CHU de Martinique pour le second. Des prélèvements sont en cours de transfert au Centre National de Référence des arboviroses (CNR), basé à Marseille pour des analyses complémentaires. Par ailleurs, d'autres cas suspects d'infections à virus Zika sont en cours d'investigation dans ces deux régions.

Comment se transmet la maladie ?

La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Lors d'une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d'une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l'occasion d'une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est « contaminante pour les moustiques » au moment où le virus est présent dans son sang c'est-à-dire pendant la phase de développement de l'infection dans le corps, soit 3 à 10 jours après la piqure infectante. Pendant cette période il faut éviter qu'une personne infectée ne se fasse piquer, et qu'elle transmette ainsi le virus à d'autres moustiques (du genre Aedes), et ainsi d'éviter l'entretien du cycle de transmission virale.

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux, voir prurit) avec ou sans fièvre même modérée. Les autres signes décrits au cours de cette infection sont : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la zone d'autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya. De plus, il existe des formes de la maladie sans symptômes apparents (entre 70 et 80% d'asymptomatiques).

Quelles peuvent être les complications ?

Alors que ce virus paraissait relativement anodin, des complications neurologiques en lien avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil et en Polynésie française. Par ailleurs, des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes pendant la période épidémique ; des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications.

Existe-il des examens de diagnostic biologique du Zika ?

Il s'agit dans un premier temps de réaliser sans délai après le début des symptôme des prélèvements sanguins et d'urine afin d'effectuer la recherche du génome du virus (examen direct par RT-PCR sang et urines).
En présence de signes cliniques évocateurs et d'un résultat négatif par RT-PCR, le diagnostic peut être confirmé par le CNR des arboviroses par sérologie Ce laboratoire est le seul en capacité de réaliser par sérologie la détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM et IgG anti-Zika).

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n'existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d'antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement.Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des complications chez l'enfant à naître.

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n'existe contre la maladie Zika.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse.

Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqure de moustiques ou de symptômes de l'infection à Zikav, d'avoir un suivi médical de grossesse adapté. Le HCSP produira très prochainement un avis sur la conduite à tenir dans le cadre de ce suivi.

Pour les voyageurs, il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le Zika, de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant. Cette consultation permettra de juger de l'opportunité du voyage en fonction de l'état de santé des individus, des risques encourus et des moyens de prévention individuelle.

Pour cela, outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu'au chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées dans l'habitat…), il leur est fortement recommandé d'utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions. La liste de ces produits adaptés est disponible sur le site du ministère de la santé.

S'agissant de voyages avec des jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d'utiliser des répulsifs corporels avant l'âge de 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Les berceaux et les poussettes doivent aussi être protégés par des moustiquaires imprégnées. Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de déterminer l'intérêt d'un séjour touristique avec un jeune nourrisson.

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques.

Il est recommandé :

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d'intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et long couvrant également les bras et les jambes jusqu'aux chevilles,
  • d'utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu'à trois mois),
  • d'utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l'enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d'un pharmacien),
  • d'utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l'intérieur des maisons et des "bandeaux collants" imprégnés d'insecticide fixés au plafond des pièces de l'habitat.

Que faire en cas de maladie pour les résidants et les voyageurs rentrant des zones épidémiques ?

Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs (Eruption cutanée, avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires (arthralgies myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d'une prescription de médicaments adaptés. Pour les voyageurs, l'apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu'à 12 jours suivant le départ d'une zone où circule le Zika et nécessite de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour. Rappelons qu'il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour.

Quelles sont les mesures prises pour limiter la transmission du Zika ?

Outre les mesures de protection individuelles, la lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c'est à dire par la réduction de toutes les sources potentielles de gîtes larvaires constituées par les eaux stagnantes et tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toit mal entretenues, etc…) et par l'application de traitements larvicides lorsque la suppression de ces gîtes n'est pas possible.

Par ailleurs, cette lutte est également axée contre le moustique adulte au moyen de pulvérisation de biocides en zone infectée. La prévention dans l'habitat local repose sur l'utilisation d'insecticides autour des ouvertures des portes et des fenêtres, ainsi que l'utilisation de moustiquaires.

Comment réduire la présence des moustiques à l'intérieur et autour de l'habitation ?

Pour réduire la présence de moustiques à l'intérieur et autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c'est-à-dire les lieux de ponte du moustique. Après chaque pluie, il est conseillé d'effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l'eau, car c'est dans ces rétentions d'eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d'eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d'une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l'eau des vases doit être renouvelée au moins une fois par semaine.

Existe-t-il une transmission du virus d'homme à homme ?

La transmission s'effectue par le biais d'un moustique qui pique une personne atteinte de la maladie Zika. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant. Ce moustique peut alors transmettre le virus à une autre personne saine en la piquant. Il faut 3 à 12 jours pour que les symptômes du de l'infection à Zikavirus apparaissent chez la personne contaminée par le moustique. Pendant au moins 1 semaine après l'apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un autre moustique sain si elle se fait piquer.

Les personnes atteintes du Zika ne sont pas contagieuses.

Dois-je me protéger aussi contre la piqûre des moustiques lorsque je suis atteint du Zika ?

Oui, il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsqu'on présente les symptômes du Zika. En effet, pendant les 7 premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant cette période, c'est éviter de transmettre l'infection à son entourage.

Quelles sont les mesures et études envisagées par les autorités sanitaires ?

Elles sont multiples :

  • Surveillance sanitaire renforcée pour repérer tout cas suspect
  • Intervention autour des cas pour éviter l'apparition de foyer épidémique
  • Poursuite de l'information des professionnels de santé
  • Mesures dans les transports aériens (information des passagers, désinsectisation)
  • Communication en direction du grand public, et en particulier des femmes enceintes : rappel des mesures de prévention et de protection individuelle et collective

Depuis le mois de mai, les médecins généralistes des départements français d'Amérique ont été sensibilisés au risque d'émergence du Zika et ont été invités à signaler à l'Agence régional de la Santé, les cas pouvant être considérés comme suspects. Les équipes de lutte anti-vectorielle interviennent autour du cas, éliminent les gites et sensibilisent les familles des patients à la prévention.

Le virus Zika peut-il arriver en France métropolitaine ?

Des moustiques du genre Aedes (Aedes albopictus) sont présents en France métropolitaine et peuvent théoriquement transmettre le virus Zika si des patients virémiques arrivent dans les zones infestées, durant la période d'activité des moustiques (de mai à novembre).

En dehors de la période d'activité du moustique (de mai à novembre), le risque de transmission est quasi nul.

Au cours de cette période, la surveillance renforcée des arboviroses transmises par Aedes albopictus (dengue, chikungunya et Zika) est mise en place chaque année, dans les départements métropolitains où ce vecteur est implanté (sud de la France métropolitaine).

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