- Qu'appelle-t-on la grippe aviaire ?
- Quelle est la situation épidémiologique actuelle ?
- Comment se transmet le virus chez les animaux ?
- Le virus influenza aviaire est-il transmissible de l'animal à l'homme ?
- Quelles sont les populations les plus exposées au risque d'infection par le virus aviaire ?
- Le Virus influenza aviaire est-il transmissible d'homme à homme ?
- Quels sont les signes cliniques de la maladie chez l'homme ?
- Quelle conduite tenir pour éviter d'être contaminé par le virus ?
- Existe-t-il un vaccin chez l'homme ?
- Existe-t-il un traitement efficace chez l'homme ?
- Quelles mesures de gestion sont prises en cas d'épizootie aviaire ?
Qu'appelle –t-on la grippe aviaire ?
La grippe aviaire est une infection provoquée par des virus grippaux de type A, et en particulier par les sous-types H5, H7 et H9. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle est généralement asymptomatique chez les oiseaux sauvages, mais peut devenir fortement contagieuse et entraîner une mortalité extrêmement élevée dans les élevages de poulets et de dindes
Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d'autres espèces animales comme le porc ou d'autres mammifères. On parle d'épizootie de grippe aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d'animaux à la fois dans une région donnée.
Chez l'homme, la transmission d'un virus aviaire hautement pathogène peut avoir lieu lors de contacts fréquents et/ou intensifs avec des animaux infectés par la maladie. La grippe aviaire se présente d'abord comme une grippe banale (fièvre supérieure à 38°C, associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux), mais peut s'aggraver rapidement du fait de troubles respiratoires sévères.
Quelle est la situation épidémiologique actuelle ?
Depuis fin novembre 2015, plusieurs foyers d'influenza aviaire ont été détectés dans des élevages de volaille dans le Sud-Ouest de la France :
Pour en savoir plus, consulter le site du ministère de l'agriculture.
Aucun cas humain n'a été diagnostiqué à ce jour en France.
Comment se transmet le virus chez les animaux ?
Le virus se transmet essentiellement par contamination aérienne (secrétions respiratoires) soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l'exposition à des matières contaminées (par l'intermédiaire de la nourriture, de l'eau, du matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent la transmission du virus chez les animaux.
Des tests de diagnostic rapide existent : ils permettent d'identifier le virus grippal sans pouvoir en préciser le type.
Le virus influenza aviaire est-il transmissible de l'animal à l'homme ?
La transmission d'un virus aviaire hautement pathogène chez les oiseaux peut avoir lieu lors de contacts fréquents et/ou intensifs avec des oiseaux infectés. Elle se fait par le biais de fines poussières contaminées par les déjections ou les secrétions respiratoires des oiseaux :
- Par voie respiratoire.
- Par projection sur les muqueuses oculaires.
- Par contact main contaminée-œil.
L'ANSES précise (cf. avis du 14 février 2015 et note ANSES du 03 décembre 2015) qu'en dehors de quelques rares suspicions, non confirmées, liées à l'ingestion de sang et de viscères crus de volailles en Asie, aucun cas humain d'influenza aviaire hautement pathogène H5N1 asiatique n'a été associé à la consommation d'aliments ou d'eau.
A fortiori, les études sur le virus H5N1 mis en évidence en novembre 2015 en Dordogne permettent d'affirmer que le risque pour le consommateur est négligeable.
Quelles sont les populations les plus exposées au risque d'infection par le virus aviaire ?
Les personnes les plus exposées sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :
- les éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages,
- les techniciens de coopératives et les vétérinaires,
- les techniciens et vétérinaires des services,
- les équipes de dépeuplement (personnels qui collectent les volailles vivantes avant euthanasie ou mortes après l'euthanasie, et les carcasses),
- les équipes d'euthanasie qui manipule le matériel spécifique,
- les équipes de nettoyage et de désinfection,
- les équipes d'intervention et de ramassage des carcasses (équarrisseurs),
- le personnel technique des laboratoires de diagnostic et de recherche.
Le Virus influenza aviaire est-il transmissible d'homme à homme ?
La contamination de personne infectée à personne saine (transmission interhumaine) a été exceptionnellement observée (3 cas intra-familiaux documentés aux Pays-Bas au printemps 2003 avec le virus A (H7/N7)).
Remarque : l'existence d'une infection simultanée, chez un porc ou chez un être humain, par un virus de la grippe aviaire et par un virus de la grippe humaine pourrait favoriser l'émergence d'un nouveau virus très contagieux pour l'homme (recombinaison).
Quels sont les signes cliniques de la maladie chez l'homme ?
Après une durée d'incubation pouvant aller jusqu'à sept jours selon l'OMS, la maladie se présente d'abord comme une grippe banale (fièvre supérieure à 38°C associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux), mais elle s'aggrave rapidement du fait de troubles respiratoires sévères. Les personnes malades peuvent également présenter des signes de conjonctivite.
Quelle conduite tenir pour éviter d'être contaminé par le virus ?
L'hygiène des mains est une condition préalable à la prévention de la transmission de nombreuses maladies infectieuses. Là où le virus hautement pathogène de la grippe aviaire peut être présent, l'hygiène des mains, qui consiste à se laver les mains et à les frictionner avec une lotion alcoolisée, est indispensable pour éviter une éventuelle inoculation du virus dans le nez, la bouche et la conjonctive par des mains contaminées. L'hygiène des mains est aussi nécessaire pour prévenir la transmission d'infections nosocomiales à d'autres malades et au personnel soignant. L'action mécanique du lavage des mains élimine les agents pathogènes. L'alcool désinfecte (tue les agents pathogènes). Si les mains sont visiblement sales, il est indispensable de se les laver à l'eau et au savon avant de les désinfecter. Sinon, on peut utiliser soit une préparation alcoolisée, soit de l'eau et du savon.
Les surfaces souillées doivent être nettoyées avant d'être désinfectées. Aucun objet et aucune surface ne doivent être désinfectés sans avoir été préalablement débarrassés des matières organiques (excréments des malades, sécrétions, saleté, terre, etc.). Il n'est pas nécessaire d'utiliser des désinfectants puissants pour éliminer les virus grippaux, le savon ordinaire et un désinfectant ménager dilué suffisent en général.
Utiliser des méthodes de nettoyage qui ne produisent pas d'aérosols (dépoussiérer par exemple au moyen d'un chiffon humide et non avec un plumeau) afin de réduire tout risque de transmission du virus par inoculation directe (inhalation ou impact direct) dans la muqueuse nasale ou la conjonctive. Dans les établissements de soins, il est recommandé de prendre les précautions habituelles pour laver le linge et faire la lessive et pour éliminer les déchets cliniques et non cliniques pouvant être contaminés par le virus hautement pathogène de la grippe aviaire.
Existe-t-il un vaccin chez l'homme ?
La grande diversité des virus influenza limite la portée d'une vaccination préventive. Cette dernière ne peut être autorisée que dans des cas exceptionnels et pour des programmes de vaccination ponctuels, comme les parcs zoologiques, et après information de la Commission européenne. Il est cependant possible, en cas de foyers particulièrement importants, de fabriquer en urgence un vaccin à partir de la souche en cause dans un délai de quelques mois.
Nb : Le vaccin contre la grippe humaine saisonnière qui est élaboré chaque année, ne protège pas contre le virus de la grippe aviaire.
Existe-t-il un traitement efficace chez l'homme ?
Le traitement est avant tout symptomatique. Le traitement antiviral, par inhibiteur de la neuraminidase, permet d'atténuer les symptômes et les complications de la maladie. Il n'est efficace que s'il est administré dans les 48 premières heures après apparition des symptômes. Les antibiotiques, inactifs sur les virus, ne sont utilisés qu'en cas de surinfection bactérienne.
Quelles mesures de gestion sont prises en cas d'épizootie aviaire ?
A la suite de la détection des foyers d'influenza aviaire dans le département de la Dordogne en novembre 2105, une surveillance renforcée a été mise en place sur l'ensemble du territoire national, avec notamment une surveillance active des signes cliniques évocateurs de l'influenza aviaire chez les espèces sensibles. Les mortalités anormales détectées par les éleveurs ont elles aussi conduit à des prélèvements systématiques. Par principe de précaution, le plan national d'intervention d'urgence a été déclenché par le ministre de l'agriculture.
La préfecture et la direction départementale de protection des populations organisent l'euthanasie des animaux contaminés et la désinfection des élevages. Le préfet met en place des plans sanitaires d'urgence et d'intervention déterminant un périmètre interdit et les zones réglementées autour de l'élevage.
Les Agences régionales de Santé recensent les personnes exposées dans les élevages et mettent en place un suivi des personnes exposées. Le suivi effectué peut être actif ou passif :
- le suivi actif consiste à un appel quotidien des autorités sanitaires locales aux personnes exposées pendant sept jours après la date de dernier contact ou désinfection de l'élevage ;
- le suivi passif consiste à expliquer à la personne exposée le risque d'infection ainsi que la conduite à tenir, à savoir appel du SAMU en cas d'apparition de syndrome grippal ou de conjonctivite. .
Les professionnels de santé sont informés. La direction générale de la santé organise des points de situation réguliers avec les Agence régionale de santé.
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