Tuesday, 21 October 2014

Qu'est-ce que le VIH/Sida ?

El Rhazi Jihan de Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes - www.sante.gouv.fr.


Le VIH ou « Virus de l'Immunodéficience Humaine » est le virus responsable du Sida (« Syndrome de l'Immunodéficience Acquise »). Une fois dans l'organisme, le VIH détruit des cellules du sang (les lymphocytes) qui sont nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire, c'est-à-dire du système de défense de l'organisme. Sans traitement, l'organisme perd ses moyens de défense naturels et devient plus vulnérable. Il contracte alors des maladies dites « opportunistes », c'est-à-dire, qui n'auraient pas affecté un organisme non affaibli par le virus.




Définition du VIH


Le VIH est un rétrovirus, c'est-à-dire un virus dont le matériel génétique (ARN) est capable de s'intégrer à l'ADN des cellules qu'il infecte et de se servir de ces cellules pour pouvoir se répliquer. La grande variabilité du VIH, comme de tous les virus à ARN, induit une importante capacité de mutation et donc d'adaptation. Ainsi, il existe plusieurs VIH, que l'ont peut regrouper en deux grandes catégories : les VIH-1 et VIH-2. Tous les types VIH peuvent causer le Sida. La pandémie actuelle est due principalement au type VIH-1.


Signification du mot SIDA


Le Sida est le stade le plus avancé de l'infection à VIH, défini par la survenue de l'une des infections opportunistes ou de l'un des cancers liés au VIH (OMS).


S pour Syndrome, qui désigne l'ensemble des symptômes et des troubles provoqués par le virus.


I et D pour ImmunoDéficience : le virus attaque les défenses naturelles (ou « immunitaires », les rendant « déficientes ». Le corps ne peut plus se protéger contre de nombreuses infections et risque d'être atteint par des maladies dites « opportunistes », voire certains cancers.

A pour Acquise : l'immunodéficience n'apparaît pas spontanément. Elle est provoquée par le virus. Elle est donc acquise.


L'origine du VIH/Sida


De nombreuses études suggèrent que le VIH est le résultat de la mutation d'une souche virale appelée VIS (ou « Virus d'Immunodéficience Simienne »), présente chez les macaques. Si le VIH a été découvert en 1983, il serait apparu en réalité chez l'homme autour de 1908 et se serait répandu en Afrique dans les années 1960, à la faveur de l'urbanisation. A la fin des années 1970, le virus s'est propagé de l'Afrique au continent nord-américain puis à l'Europe et partout ailleurs dans le monde. Le premier cas de Sida a été identifié en 1981, date du début de l'épidémie mondiale, tandis que le VIH a été découvert en 1983. En quelques années, l'épidémie du VIH/Sida est passée au stade de pandémie mondiale, suscitant depuis, une forte mobilisation internationale.


Mode d'action du VIH


Le VIH s'attaque aux lymphocytes, des cellules du sang essentielles pour défendre le corps contre les infections. L'organisme infecté finit par être très affaibli par le VIH et la personne infectée devient alors vulnérable face à de nombreuses maladies, dites « opportunistes ». Ces maladies sont pour beaucoup dues à des infections le plus souvent bénignes pour les personnes en bonne santé (grippe, herpès par exemple) mais potentiellement graves pour les personnes séropositives. D'autres, en revanche, sont sérieuses (tuberculose par exemple).


Des symptômes variables selon le stade de l'infection


Les symptômes d'une infection par le VIH diffèrent suivant le stade d'évolution de l'infection :



  • la phase d'incubation : le virus se multiplie dans l'organisme après la contamination. Cette phase peut durer plusieurs semaines et ne se manifester par aucun symptôme.



  • Le stade de primo-infection : des symptômes similaires à ceux de l'état grippal apparaissent : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, diarrhée.



  • Stade d'évolution asymptomatique : ce stade peut durer plusieurs années. On peut donc être porteur du virus (« séropositif »), sans le savoir et courir ainsi le risque de ne pas être traité à temps et de contaminer d'autres personnes en ne prenant pas les mesures de protection adéquates.



  • Phase d'apparition des premiers symptômes : perte de poids, fièvre, infections de la peau, diarrhée et toux.



  • Le stade du SIDA : survenue d'une ou plusieurs maladies dites « opportunistes » en raison de l'affaiblissement important du système immunitaire (infections bactériennes, parasitaires, fongiques, parfois cancers).


Les personnes séropositives peuvent transmettre la maladie à tous les stades de l'infection. Lorsque ces personnes sont traitées précocement et bien suivies, le risque de transmission du virus à d'autres personnes est réduit si leur charge virale atteint un niveau très bas.



Infections opportunistes les plus fréquentes chez les personnes séropositives



  • Tuberculose (TB) : infection due à une bactérie appelée bacille de Koch. Le VIH et le bacille de Koch accélèrent mutuellement leur progression dans l'organisme. La tuberculose est la cause principale des décès des malades du Sida : un décès sur quatre lié au Sida dans le monde est dû à la tuberculose. L'infection touche essentiellement les poumons et se traduit par une toux importante et durable, avec, dans certains cas, rejet de sang avec l'effort de toux, perte d'appétit, amaigrissement rapide, sueurs nocturnes. La tuberculose peut être évitée et peut se guérir. Consultez le Dossier Tuberculose de l'Institut Pasteur.



  • Hépatites B et C : En 2013, on estime que l'hépatite B et l'hépatite C ont touché respectivement entre 2 et 4 millions et 4 à 5 millions de personne vivant avec le VIH à travers le monde (ONUSIDA).



  • Virus de l'herpès (HSV), avec des conséquences potentiellement très sérieuses.



  • Candidose : infection due à un champignon du genre Candida, qui peut infecter différentes muqueuses : la cavité buccale, la muqueuse vaginale et l'œsophage. Consultez le Dossier Candidose de l'Institut Pasteur.




  • Cryptococcose : mycose due à un champignon (levure) du genre Cryptococcus, transmise le plus souvent par voie respiratoire, qui affecte le plus souvent les cellules du système nerveux central (méningo-encéphalites avec risque de séquelles neuropsychiques parfois lourdes), mais peut aussi toucher les poumons et provoquer des lésions cutanées.



  • Cytomegalovirus (CMV) : infection due à un herpès pouvant atteindre 1 ou plusieurs organes. La rétine est parfois atteinte chez les personnes séropositives, qui courent alors un risque de cécité.



  • Penumopathie à Mycobacterium Avium Complex (MAC) : infection pulmonaire due à une bactérie appartenant au genre Mycobacterium, qui peut causer des fièvres récurrentes, des pertes de poids sévères et des problèmes digestifs.



  • Pneumocystose oupneumonie à pneumocystis : infection fongique (champignon) à l'origine de pneumonies potentiellement mortelles pour les personnes séropositives non traitées.





Source

Direction générale de la santé

Sous-direction Prévention des risques infectieux

Bureau Infections par le VIH, IST et hépatites

14, avenue Duquesne

75007 Paris



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