Wednesday, 28 May 2014

Abdelilah - Benkirane discute de la liberté de la presse au Maroc

El Rhazi Jihan de Toute l'actualité sur Le Monde.

Abdelilah-Benkirane


Les pas positifs franchis en matière de consolidation de la liberté de la presse au Maroc “ne doivent pas nous faire oublier les défis auxquels nous sommes confrontés”, a affirmé le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.


Répondant à une question du groupe Istiqlali de l’unité et de l’égalitarisme à la Chambre des Représentants sur “la liberté de presse”, lors de la séance mensuelle relative à la politique générale du gouvernement, M. Benkirane a souligné les défis qui restent à relever, notamment en matière du parachèvement et du perfectionnement du système juridique, de protection de l’indépendance de la presse vis-à-vis des groupements d’intérêt et de pression et de l’instauration du respect des règles de la déontologie, tout en se gardant des injures, de la diffamation et de la diffusion des informations erronées.


Il a par ailleurs rappelé que le gouvernement a doublé les efforts pour promouvoir la situation de la liberté de presse, conformément aux dispositions de la Constitution et dans le but d’instaurer une presse démocratique, libre et responsable, estimant qu’il ne peut y avoir de démocratie sans une presse libre et responsable.


M. Benkirane a toutefois relevé qu’”il est de notre devoir d’attirer l’attention sur les anomalies dans la manière avec laquelle certaines tribunes traitent l’action gouvernementale au mépris des règles de la déontologie à travers la diffusion d’informations erronées et le non-respect de la neutralité, de la précision et de l’équité”.


Il a mis en avant l’instauration d’un mécanisme pour faire face aux cas d’agression et de harcèlement contre les journalistes. “Bien que les cas enregistrés sont limités, nous les considérons comme étant anticonstitutionnels et n’honorent pas notre pays”, a-t-il affirmé, rappelant que le ministère de la Communication avait chargé l’inspecteur général du département de recevoir les plaintes en rapport avec les agressions contre les journalistes, en commun accord avec le ministère de la justice et des libertés pour accélérer leur traitement.


Le chef du gouvernement a par ailleurs relevé que les rapports internationaux ayant abordé la situation de la liberté de presse au Maroc “n’évoquent pas de recul dans la liberté de presse”, faisant remarquer que le classement du Maroc dans l’indice de Freedom House est passé de la 154è à la 147è place entre 2012 et 2014, au moment où le classement du royaume dans l’indice de Reporters sans frontières s’est amélioré en passant du 138 au 136 rang au cours de la même période.


Ces rapports, a-t-il fait observer, ne reflètent pas la situation de notre pays dans ce domaine. “C’est pourquoi nous avons pris une position claire considérant que ces classements sont injustes et contraires à la réalité de la liberté de presse au Maroc. Des contacts ont été noués auprès de ses organisations au sujet de la pertinence des données adoptées dans leurs indices et leurs critères”, a-t-il soutenu.


M. Benkirane a fait remarquer que le nombre des dossiers de presse portés devant la justice a reculé de 119 en 2011 à 98 affaires en 2013, notant que 15 affaires ont bénéficié d’un non-lieu, alors que des jugements fixant des amendes et des indemnisations modérées ont été prononcés dans 13 dossiers, au moment où près de 60 affaires (introduites en 2013) sont toujours en cours et ont été soulevées en vertu du code de la presse.


Dans le même sillage, il a évoqué certaines dispositions prises pour promouvoir la liberté de la presse, l’amélioration de la situation des journalistes, et la mise à niveau des entreprises de presse, dont l’élaboration du projet de code moderne de la presse et de l’édition, dépourvu des sanctions privatives de liberté et la création d’un conseil national indépendant de la presse.


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